Aller au contenu principal
sports_esports Lab Canvas 2D Chaîne de Markov IA prédictive Clic · clavier

Pierre-feuille-ciseaux — le classique face à une IA prédictive par chaîne de Markov

Le jeu de mains le plus connu du monde, réécrit from scratch en Canvas 2D, mais avec un adversaire qui ne tire rien au sort : une IA qui modélise vos coups par une chaîne de Markov (fréquences et transitions d'ordre 1 et 2), estime votre prochain coup le plus probable et joue systématiquement son contre. La seule parade optimale ? Jouer réellement au hasard. Zéro dépendance.

Clic ou tap sur pierre, feuille ou ciseaux Touches P F C ou 1 2 3 au clavier Espace : réinitialiser les scores et la mémoire de l'IA

Un jeu de hasard… qui n'en est pas vraiment un

Pierre-feuille-ciseaux passe pour le tirage au sort par excellence. Il ne l'est pas : dès que vous jouez, vous laissez des traces. On répète un coup qui vient de gagner, on change après une défaite, on évite de rejouer trois fois la même chose. Ces réflexes forment un motif, et un motif, ça s'apprend. J'ai donc opposé au joueur une IA qui ne tire rien au sort : elle vous observe, elle vous modélise.

La prédiction par chaîne de Markov

Le cœur de la démo est une chaîne de Markov. L'idée : votre prochain coup dépend surtout du dernier (ou des deux derniers) que vous avez joués. Je tiens donc une table de transitions — « après avoir joué pierre, ce joueur enchaîne sur feuille 6 fois, ciseaux 2 fois, pierre 1 fois » — et je la mets à jour à chaque manche. C'est un modèle d'ordre 1 pour le dernier coup, que je double d'un modèle d'ordre 2 sur les deux derniers, plus fin quand la partie s'allonge.

Estimer votre coup, jouer le contre

À chaque tour, l'IA additionne ces signaux — fréquence brute, transition d'ordre 1, transition d'ordre 2, les ordres supérieurs pesant plus lourd — pour estimer le coup que vous avez le plus de chances de jouer. Puis elle joue simplement son contre : si elle vous croit prêt à sortir la pierre, elle pose la feuille. Tant que vous suivez une habitude, même inconsciente, elle prend l'avantage — et l'indicateur « elle a anticipé… » vous le signale.

La seule parade : jouer vraiment au hasard

Comment bat-on un adversaire qui exploite vos régularités ? En n'en ayant aucune. La théorie des jeux le démontre : l'unique stratégie imbattable est de jouer chaque coup avec une probabilité d'un tiers, indépendamment de tout ce qui précède. C'est l'équilibre de Nash du jeu — un point fixe où aucune régularité ne subsiste à exploiter, et où l'espérance de gain retombe à l'équilibre. Le paradoxe est instructif : contre un modèle prédictif, la meilleure défense n'est pas de mieux réfléchir, mais de renoncer à toute intention.

Ce qu'une petite démo dit d'un vrai système

Derrière ce jeu de trois boutons se cache la mécanique de nombreux systèmes que je construis en production : apprendre d'un historique, estimer l'action la plus probable, décider en conséquence. Recommandation, détection d'anomalie, anticipation d'usage — mêmes fondations. Et la même exigence : un modèle qui reste lisible, mesurable et honnête sur ses limites. Savoir modéliser un comportement, c'est aussi savoir précisément là où le modèle cesse d'avoir prise.

Photo d'Emmanuel BALLERY, fondateur de x10

À propos de l'auteur

Emmanuel BALLERY est le fondateur de x10 solutions. Ces petits jeux sont surtout un plaisir de développeur, codés le week-end — pas une vitrine de mes missions, qui sont bien plus exigeantes. J'y soigne quand même la performance et la lisibilité, par habitude.

Voir plus arrow_forward
rocket_launch

Un vrai projet en tête ?

Ce petit jeu m'amuse, mais il ne dit pas grand-chose de mon métier : mes missions sont bien plus complexes. Si vous avez une application à concevoir ou à fiabiliser, c'est là que je suis vraiment utile.

Discuter de mon projet arrow_forward