Août 2015. Premier commit sur un projet interne pour la direction technique d'Orange. Avril 2026, je travaille toujours avec la même équipe. Plus de 10 ans de collaboration continue, en freelance, avec un seul grand compte.
Ce n'est pas un exploit. C'est le résultat d'un travail bien fait, d'une relation de confiance construite sur la durée et d'une conviction simple : en prestation, la qualité du travail est le meilleur argument commercial.
La mission en quelques chiffres
Plus de 10 ans de mission continue, avec un volume qui a évolué au fil des besoins : quelques jours par trimestre au début, plusieurs jours par mois aujourd'hui. Le périmètre a grandi avec la confiance.
Au total, 5 projets web conçus, développés et maintenus pour la direction technique. La stack a traversé toutes les générations récentes de PHP et Symfony — de la version 2 à la 6.4 — avec un front-end passé d'AngularJS à une migration en cours vers React. Côté infrastructure, les projets tournent sur OpenShift, avec une image Docker maison et une librairie PHP partagée. Mon rôle a toujours été large : développement front/back, ops, architecture, conseil technique, UX/UI.
Les projets
Tout a commencé en juillet 2015 avec un outil de gestion interne. Symfony 2, AngularJS, MySQL. Un projet pensé pour durer quelques mois. Il est toujours en production 10 ans plus tard, maintenu, mis à jour, utilisé au quotidien.
À partir de 2019, la collaboration s'est élargie. Une plateforme temps réel avec Elasticsearch, Redis et traitement asynchrone via Symfony Messenger. Un outil de gestion de tâches avec workflow intégré et export Excel. Puis en 2021, un bridge inter-systèmes pour synchroniser deux plateformes via messaging asynchrone. Et en 2022, un service de facturation avec API Platform et export tableur.
Chaque projet a été conçu sur les mêmes fondations : Symfony, API Platform, MySQL, Docker. Cette cohérence technique n'est pas un hasard — elle permet de mutualiser l'outillage, de réduire le temps de maintenance et de garantir un niveau de qualité homogène.
Garder le cap technique sur 10 ans
Un projet qui dure 10 ans traverse des ruptures technologiques majeures. PHP 5.6 est devenu PHP 8.4. Symfony est passé de la version 2 à la version 6.4. AngularJS a été abandonné par Google. Les conteneurs sont devenus la norme de déploiement.
La clé, c'est de ne jamais prendre de raccourci.
Chaque montée de version majeure de Symfony a été faite de manière incrémentale : 2→3→4→5→6. Pas de big bang, pas de réécriture complète. Le projet le plus ancien a traversé toutes ces versions sans interruption de service. Les librairies tierces sont mises à jour régulièrement, pas quand c'est urgent. La dette technique se traite au fil de l'eau, pas en mode pompier.
Maintenir un projet, ce n'est pas attendre qu'il casse. C'est faire en sorte qu'il ne casse jamais.
Pour industrialiser cette approche, j'ai créé une image Docker de base partagée entre tous les projets Orange. Même OS, même configuration Apache/PHP, même chaîne de déploiement. Quand je mets à jour l'image de base, tous les projets en bénéficient. En parallèle, une librairie PHP partagée factorise les patterns communs : logging, abstractions ORM, utilitaires. Moins de duplication, plus de cohérence.
Le passage sur OpenShift et les transferts d'un cluster à un autre ont confirmé l'importance de ce travail d'industrialisation. La conteneurisation propre et le bon découplage des services ont permis des migrations d'infrastructure sans régression. Gestion des secrets, scalabilité, monitoring — tout ce qui fait la différence entre un prototype et un produit de production.
Ce qui fait durer une relation freelance
10 ans de collaboration continue avec un grand compte, ce n'est pas courant en freelance. Ce n'est pas non plus le fruit du hasard.
La confiance se construit, elle ne se décrète pas. Elle s'est installée sur le travail livré, sur le respect des engagements, sur la transparence dans les échanges. Et elle va dans les deux sens : je fais confiance à mon interlocutrice, elle me fait confiance.
L'autonomie est un accélérateur. Je travaille en autonomie totale avec la chef de projet. Pas de reporting superflu, pas de réunions inutiles. On se parle quand c'est nécessaire, on s'adapte aux agendas et aux priorités de chacun. Cette légèreté organisationnelle est un facteur de productivité que beaucoup de structures sous-estiment.
La disponibilité n'est pas contractuelle, c'est une posture. En cas d'urgence, je réponds et j'interviens, même si je ne suis pas planifié. Quand on travaille avec quelqu'un depuis 10 ans, on ne le laisse pas tomber.
Et puis il y a les fondamentaux : des résultats constants — ce qui est livré fonctionne, ce qui est estimé est respecté, ce qui pose problème est remonté immédiatement — et un respect mutuel du temps, des contraintes et de l'expertise de chacun. C'est simple, mais c'est rare.
Le conseil que je donnerais
Si je devais résumer 10 ans de freelance en une leçon, ce serait celle-ci : faire du bon travail et travailler en confiance est toujours payant.
Le modèle du projet survendu en one-shot — grosse promesse, livraison rapide, on passe au client suivant — génère des clients insatisfaits, des problèmes de maintenance et une réputation qui s'effrite. C'est tentant à court terme, c'est destructeur à long terme.
La meilleure prospection, c'est un client satisfait qui revient.
Une relation longue, construite sur des résultats concrets et une confiance réciproque, produit un cercle vertueux : le client revient parce qu'il sait ce qu'il va obtenir, le prestataire progresse parce qu'il connaît le contexte métier, et la qualité du produit s'améliore naturellement avec le temps.
Je ne changerais rien à ces 10 ans. C'est exactement comme ça que je conçois la prestation.